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L'Enigme Fulcanelli par Guy Tarade

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Métanoïa
Posté le: Jeu 26 Déc - 23:51 (2013) Répondre en citant

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Administrateur Inscrit le: 22 Déc 2013 Messages: 41


Où les Historiens s’arrêtent ne sachant

plus rien, les poètes apparaissent et devinent.

Ils voient encore quand les Historiens ne voient plus .

Barbey d’Aurevilly



 la fin 1998, début 1999, une remarquable fresque musicale attira dans la capitale des centaines de milliers de spectateurs. “ Notre Dame de Paris “ de Luc Plamondon et Richard Cocciante, d’après l’oeuvre de Victor Hugo envoûta les foules. Deux de leurs chansons : “ Le Temps des Cathédrales “ et “ Belle “ connurent un immense et légitime succès.


Pour écrire son oeuvre, Victor Hugo a eu recours à une documentation abondante puisée dans le Théâtre des antiquités de Paris , rédigé par Du Breuil en 1612 et les Antiquités de Paris de Sauval , de 1724.


Deux textes du XVe siècle: les Mémoires de Philippe de Commynes et le Journal de Jean de Roye lui fournirent la silhouette de ses personnages et les descriptions des fêtes de l’époque.

Qui relit aujourd’hui “ Notre-Dame de Paris “ avec des yeux neufs et une certaine culture initiatique reste stupéfait devant les textes rédigés par le plus grand des poètes français. En effet, l’auteur de “ La légende des siècles “ n’ignorait rien des secrets alchimiques de la cathédrale née sur l’île de la Cité. De nombreux chapitres de “ Notre-Dame de Paris “ sont truffés d’ un vocabulaire maçonnique qu’un simple Apprenti est apte à décoder.


L’oeuvre maîtresse de l’étrange et insaisissable Fulcanelli Le Mystère des Cathédrales “ a beaucoup emprunté aux descriptions alchimiques données par Victor Hugo dans “ Notre-Dame de Paris “ . Loin de nous, l’idée de considérer Fulcanelli comme un plagiat . Nous voyons plutôt en lui le continuateur d’une révélation réservée aux Adeptes de l’Art Royal.

Victor Hugo l’affirme à plusieurs reprises, que les cathédrales dissimulent dans les replis de l’art gothique des mystères autres que les grands mystère Dont elles sont la représentation muette, mais imagée.


L’ÉNIGME FULCANELLI


Une cathédrale est un livre d’images dont les illustrations sont parfois effacées ou ruinées par le temps.

Là où le profane ne voit que représentation religieuse reflétant des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testaments, l’homme éveillé déchiffre dans la pierre des messages de la Haute Science. ce sont ceux des sculpteurs qui servirent de porte-parole aux alchimistes.

Historiquement, il semble que ce soit le sieur esprit Gobineau de Montluisant qui, dès le XVIIe siècle, ait eu l’idée d’interroger le coeur hermétique de Notre-dame pour retrouver les grandes clés de la Science occultée. Il laissa à la postérité un très étrange manuscrit que l’on peut consulter avec intérêt à la Bibliothèque Nationale:

 

“ Explication très curieuse des énigmes et des figures hiéroglyphiques, physiques, qui

sont au grand portail de l’église cathédrale et métropolitaine de Notre-Dame de Paris

D’une manière beaucoup plus curieuse, Cambriel reprit ce thème au XIX e siècle, puis Fulcanelli, de façon lumineuse serait-on tenté de dire, en publiant en 1926” Le Mystère des Cathédrales “.

Pendant près de trente ans, cet ouvrage disparut des rayons des librairies, comme aspirés par des veilleurs vigilants. Les rares exemplaires qui pendant cette période circulaient encore librement se vendaient à prix d’or sous le manteau.

nous nous souvenons d’avoir assisté, chez un bouquiniste, à un édifiant dialogue. Un monsieur d’un âge avancé proposa mille francs au commerçant pour acquérir ce traité introuvable...Nous étions en 1953 !


La réédition de ce fascinant ouvrage eut lieu en 1958, aux Éditions de l’Omnium Littéraire, qui ont sombré depuis. Elle marqua un renouveau d’intérêt pour l’Alchimie, dont les mirages hantent depuis des siècles les esprits avides des choses cachées.

Curieux bouquin . Tout est étrange dans ce livre, même l’auteur, Fulcanelli, qui reste un personnage énigmatique et fantomatique ! Fulcanelli passe pour le plus grand alchimiste de tous les temps; il est le Maître incontesté des Adeptes contemporains, alors que sa vie est totalement inconnue. Certains pensent qu’il n’a jamais existé !


Un seul homme au monde sut sans doute qui fut le véritable auteur du “ Mystère des Cathédrales “, il s’agit d’Eugène Canseliet , le préfacier de ses ouvrages.

Ce dernier étant décédé dans de bien tristes conditions, le secret risque de demeurer encore longtemps inviolé...Pour curieux que cela puisse paraître, la personnalité de cet auteur contemporain reste totalement inconnu. En effet, ce nom de consonance italienne ne veut rien dire. Il s’agit d’un pseudonyme inspiré de la fulguration du Soleil et du Feu pouvant recouvrir l’identité de plusieurs occultistes très connus. Nous y reviendrons.


Un fait est certain , peu de temps après la réédition de l’introuvable ouvrage, on vit sur les parvis de Notre-Dame, de discrets visiteurs interroger les sculptures de la cathédrale.

Depuis longtemps déjà, la belle sculpture de Saint Christophe et la figure de pierre de messire Antoine des Essarts, chevalier regardant à genoux, depuis 1413, les hiéroglyphes alchimiques sculptés sur les galettes à gauche du portail de l’édifice, avaient disparu. La science cachée retrouvait une seconde jeunesse.


Au XIV e siècle, les Adeptes, déjà, se rencontraient chaque semaine au jour de Saturne, Maître des choses cachées, près de la petite porte rouge de Notre-dame, au soubassement orné de salamandres. C’était leur GRANDE RÉUNION. Là, chacun exposait l’ordre de ses travaux et dévoilait le résultat de ses recherches.


Ces colloques doctes et mystérieux se poursuivaient encore au milieu du XVIe siècle . La cathédrale parisienne était le lieu de prédilection des ce mages, non seulement par la beauté de son architecture qui leur était chère, mais aussi par ce que celle-ci cachait plus d’un rappel de leur Science : l’Alchimie.


Actuellement encore, et le livre de Fulcanelli y est pour quelque chose, Adeptes et souffleurs hantent, assure-t-on , le portail Sainte Anne, où se situe la haute statue de Saint Marcel, évêque de Paris.

Pour des raisons obscures qui firent fulminer Fulcanelli? ce pilier, si magnifiquement décoré jadis, a subi bien des altérations. L’original étant au musée de Cluny, les chercheurs doivent maintenant se contenter de sa réplique qui a reçu bien des retouches...


Dans de nombreux textes que nous ont laissés des écrivains du passé nous dépeignent Notre-Dame de Paris à l’époque médiévale. Alors que les foules s’extasiaient devant la beauté de l’édifice, des pèlerins beaucoup plus discrets venaient interroger les clés de l’architecture et demander à la pierre de livrer certains mystères que les Initiés avaient dissimulés dans l’édifice.

Inutile d’être un grand clerc pour deviner qu’une telle énigme ne pouvait engendrer que des passions et soulever des polémiques.

LE SECRET


D’après certains, Fulcanelli et Eugène Canseliet n’étaient que la même et unique personne. Canseliet dont l’écriture et le style étaient très semblables à ceux du Maître Inconnu. Une enquête digne des meilleurs limiers du Quai des Orfèvres , si proche de Notre-Dame, fait apparaître que cette hypothèse de travail a bien des lacunes.


Beaucoup ont cru découvrir derrière le nom symbolique de Fulcanelli un érudit hellénique, Pierre Dujols de Valois, qui aurait pu faire valoir ses droits à la couronne de France. Ce savant passionné d’ésotérisme, a rejoint l’Orient éternel en 1926. C’est cependant autour de sa personne que gravite la fermentation occulte qui imprégna la renaissance alchimique de cette première partie du siècle. D’autres attribuent la paternité du “ Mystère des Cathédrales “ et des “ Demeures Philosophales “ à Rosny aîné. Mais, pour compliquer les choses à loisir, apparaît un cinquième personnage, Jean-Julien Champagne, l’illustrateur de la première édition du précieux et savant livre de Fulcanelli.

Un fait est certain, ces traités d’Alchimie ont été écrits et pensés à Paris, dans un petit bureau de la Librairie du Merveilleux qu’avait fondée Pierre Dujols. dans cet antre de l’occultisme, cet amoureux des vieux bouquins avait réuni des milliers de titres devenus introuvables.


En 1941, Pierre Dujols de Valois, qui s’était penché sur les traités d’Ars Magna, publia sous le pseudonyme de Magophon une hypotypose , c’est à dire un commentaire , au Mutus Liber , l’un des plus célèbres traités d’Alchimie uniquement composé de planches hermétiques.

Pierre Geyraud, écrivain connu pour ses enquêtes dans les milieux de l’occultisme parisien, tenta de percer l’énigme Fulcanelli. Ses recherches lui firent conclure que l’auteur mystérieux n’était autre que le dessinateur Jean-Julien Champagne, ami intime de Canseliet. Les deux hommes, épris de Science cachée, pratiquèrent d’ailleurs l’Alchimie dans un laboratoire sommaire installé dans les mansardes, au sixième étage d’un immeuble de la rue Rochechouart. C’est d’ailleurs là qu’il vécut jusqu’à sa mort, d’une existence en apparence misérable malgré les larges mensualités de provenance inconnue qu’il percevait .


La Librairie du Merveilleux, fréquentée par des spécialistes des vieux bouquins, regroupa différents Adeptes connaissant la valeur exacte de certains ouvrages rares.

Rien n’interdit de supposer que ces derniers soient tombés, par le plus pur des hasards, sur des documents anciens du plus grand intérêt. C’est parmi les riches rayons de cette boutique que germa l’idée de fonder LA FRATERNITÉ D’HÉLIOPOLIS, à laquelle les livres de Fulcanelli sont dédiés. Cette société occulte autant qu’initiatique visait à la réalisation du Grand Oeuvre. Ses membres étaient à la fois des spéculatifs et des opératifs.


Champagne, s’il ne fut pas un Adepte au sens noble du terme, fut néanmoins un souffleur qui expérimenta. Des hermétistes sérieux prétendent qu’il mourut d’une erreur de manipulation. Son agonie fut lente et affreuse. Son cadavre portait une blessure qui fit penser à une lésion lépreuse.

Le premier illustrateur du “ Mystère des Cathédrales “ dort de son dernier sommeil dans le petit cimetière de Villiers-le-Bel. Sa pierre tombale porte l’inscription :

 

 

 ICI REPOSE UN APÔTRE DE LA SCIENCE HERMÉTIQUE 


 Notre ami Serge Hutin, que l’on considérait comme un des meilleurs spécialistes de l’Alchimie, avait enquêté sur le mystérieux Fulcanelli . Selon lui, ce nom hermétique était né d’une double inspiration , car formée par une combinaison de Vulcain et d’Élie . Cet érudit chercheur ( licencié en philosophie, diplômé de l’École des hautes études, docteur ès lettres ) estimait que Fulcanelli aurait très bien pu être Nicolas Valois (XVe siècle ) ou Philatète ( XVIIe siècle )...

SOUS UN MANTEAU DE LUMIÈRE : LE GRAND OEUVRE EXPLIQUÉ


Le testament du Maître Inconnu nous a sans doute été légué par Eugène Canseliet sous la forme d’un Manteau de Lumière. Le secret du Grand Oeuvre s’étale, au vu et au su de tous, sur la façade de la célèbre boulangerie-patisserie Poilane, 49, boulevard de Grenelle à Paris ( XVe ). La devanture est constituée par un ensemble de plaques ouvragées illustrant le travail du blé, de l’époque des semailles jusqu’à transformation en farine entrant dans la composition de la célèbre galette des rois.

Là, tout est symbole et le chercheur avertit découvrira, dans chaque saynète, des messages chargés d’allégories propres à l’Art Royal.


Ici, la pérenne Alchimie est toujours vivante dans un Paris qui vient pénétrer dans IIIe millénaire. Sa présence à quelque chose de rassurant.
 
Guy TARADE


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Posté le: Jeu 26 Déc - 23:51 (2013)
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